Husson-Dumoutier
Artiste de l’UNESCO pour la paix
Maison de la Mer
Cavalaire sur Mer
Du 17 juin au 28 aout 2005
Cette exposition s’intitule la Couleur et la Paix.
Toute exposition un voyage dont les aventures sont les tableaux. Alors
partons pour la couleur pure avec pour guides : un » voyant »,
Arthur Rimbaud qui , dans son poème alchimique sur les voyelles
nous présente une vision initiatique de la couleur des mots
et Jean de Bengy, écrivain qui connaît particulièrement
bien mes travaux qu’il a commentés et étudiés
en détail –ses textes figurent à coté de certains
tableaux – et notamment dans l’ouvrage
« Les Trois Livres Sacrés pour la Paix
présenté dans cette exposition.
1-La Paix et la Couleur
Quelle couleur peut revêtir la paix ?
Si le vert est la couleur absolue pour Goethe, la Paix, comparable à
un paysage bucolique, doit être verte. Si le triangle noir est pour
Kandinsky la représentation de la force spirituelle sublime, la
Paix ne peut s’inscrire qu’à l’intérieur
de cette couleur et de cette forme.
Turner, quant à lui, disant « The sun is God », associe
le rayonnement solaire à celui de la divinité. Jacob Böhme
reprend le même thème en disant : « Si l’œil
n’était pas solaire, comment apercevrions-nous la lumière
? »
Leur interprétation
Tout alors est affaire de circonstance, de moyens et d’influence
avec le monde extérieur que les couleurs vont pouvoir interpréter.
Il en est des couleurs comme des notes de musique, chacune d’entre
elles recèle la notion de paix, ce qui importe est l’harmonie
qui se dégage de leur association ou de leur pureté.
L’exposition la Couleur et la Paix prend donc le parti de la multiplicité,
de la diversité et de l’abstraction. La peinture pure est
le fruit de la lumière et les couleurs mesurables en terme de vibrations
construisent les tableaux avec leur propre rapport de force
2-La visite de l’exposition .
« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles
Je dirai quelque jour vos naissances latentes »
Le très beau poème de Rimbaud sur les voyelles ouvre cette
exposition car de tous temps les poètes ont voulu que non seulement
leurs mots aient une résonance musicale mais aussi une signification
colorée. Ceci repose sur la sonorité des couleurs, ce que
les « ymagiers » du moyen age appellent la langue des oiseaux.
Mais le plus surprenant de cette approche Rimbaldienne, se trouve dans
la signification cachée de ce poème. Elle est alchimique.
Rimbaud fut initié à l’alchimie en 1871 au retour
de sa première expérience parisienne par un personnage étonnant
vivant à Charleville dont le nom était Charles Bretagne.
Ensuite il fréquenta les cercles ésotériques parisiens
et le fameux tableau intitulé » un coin de table de Fantin-Latour
» le fait figurer non seulement à coté de Verlaine
mais aussi du Sar Péladan, le mage le plus connu de son époque.
La poésie de Rimbaud a donc également une lecture alchimique.
L’évolution
A noir est la première étape à partir de laquelle
le processus de transformation va s’effectuer. Le visiteur est dans
l’obscurité comme l’alchimiste qui entame son grand
oeuvre D’ailleurs en arabe Al Chemia veut dire la terre noire. Cette
terre égyptienne à l’origine de la vie.
Puis le travail s’élabore pour parvenir à l’étape
du blanc et lorsque la matière vire au rouge, le processus matériel
est achevé. Pourtant pour parvenir à l’élixir
de longue vie ou à la pierre philosophale, il est nécessaire
de poursuivre la transformation personnelle et mentale jusqu’aux
passages successifs du vert et du bleu. Le cycle se termine alors et l’on
repart du noir .
Les cycles
Ainsi cette exposition fait acheminer le visiteur par ces couleurs fondamentales
dans un cycle évolutif progressif et alterné. D’abord
venant de l’ombre extérieure, le noir, le visiteur entre
dans l’exposition par l’espace blanc avec comme guide Jean
de Bengy dont les phrases émaillent le parcours. Il prépare
la visite par ses textes et servira de mentor tout au long de cette promenade.
Le jaune
On entre dans l’exposition par la gauche et on voit l’espace
jaune. Ceci est le feu incandescent qui sert à la transformation
de la matière. Ce jaune est aussi celui du soleil source de vie
et source de pensée. « Sun is God » nous dit Turner
pour célébrer sa fonction créatrice.
Le rouge
On poursuit sur la gauche par l’espace rouge qui est l’étape
indispensable à l’évolution finale. La pureté
et l’évolution dans les nuances des rouges soulignent la
recherche de l’alchimiste devant son athanor. Leur vibration incite
à l’émotion pure. En russe tchervenio veut dire à
la fois rouge et beau.
Le vert
Presque en face du rouge mais légèrement décalé
car on change de registre passant de la matière à l’espace
spirituel, le vert présente la phase évolutive vers la réflexion.
Ce n’est pas un hasard que le vert soit la couleur de l’Islam.
En dehors de la légende se rapportant au manteau du prophète,
le vert incite à la réflexion et à l’intériorisation
des sentiments.
Le bleu
Nous avons pérégriné dans travaux préparatoires
. Nous pouvons alors aborder la phase ultime celle du bleu. Le bleu du
ciel est aussi le bleu de la mer.Le bleu est la couleur de notre planète.
Dans le cosmos elle est reconnaissable par son aspect azuréen.
Le bleu est aussi la phase ultime de l’alchimiste dans sa recherche
de la vérité intérieure. Ces bleus ,car il s’agit
de plusieurs bleus différents, donnent un aperçu de notre
espace intime. A nous d’entrevoir où se trouve notre vérité.
Or l’alchimie n’est ni chrétienne , ni musulmane, ni
judaïque. Elle existe en Asie également. Elle est universelle.
car elle est une forme de philosophie cachée dans la matière
et ses transformations.
Les Trois Livres Sacrés pour la Paix
Nous pouvons alors conclure ce parcours dans l’exposition par la
vision de trente cinq tableaux issus de la série des «
Trois livres sacrés pour la paix », la Bible,
le Nouveau Testament et le Coran. Pourquoi ces tableaux sont-ils là
? Ils correspondent à l’universalité de la recherche
humaine. Depuis l’origine de l’humanité l’homme
veut dépasser le temps et perdurer au delà de sa disparition.
Durant sa présence ici- bas il est en quête des raisons existentielles.
Le divin est une réponse. Les Trois livres sacrés, ferment
de notre culture sont une illustration de cette interrogation dans le
monde occidental
Chaque phrase de ces trois textes volontairement mélangées
a servi de base au travail graphique et chromatique des tableaux qui se
retrouvent dans le livre se trouvant à l’entrée de
l’exposition.
En savoir plus sur "Les Trois
Livres Sacrés".
3-Les techniques
Les variations chromatiques
Au fil de la visite l’observateur, reçoit les messages visibles
et cachés de ces tableaux apparemment faciles et simples car monochromes.
Pourtant une observation plus attentive laisse entrevoir des variations
et des nuances qui sont toutes volontaires et signifiantes.
Chaque tableau est un palimpseste. Il est composé de plusieurs
couches successives comme un texte effacé mais encore présent.
Chaque couche est porteuse d’intentions.
On ne peut voir que ce qui est apparent avec les yeux que la nature nous
a donnés mais la véritable vision est intérieure. Il
faut laisser la couleur ou le tableau pénétrer en soi avec
la vision du troisième œil. Celui qui figure sur les visages
des femmes indiennes. Celui que l’on appelle la glande pituitaire
dans notre jargon occidental.
Les clés de lecture
Travail subliminal, travail de l’inconscient. Ce que Proust dit de
son œuvre « lisez entre les lignes et laissez vagabonder votre
imagination » est la véritable clef de lecture de cette peinture.
Elaborés au fil du temps ces tableaux sont décodés
par le titre qu’ils portent. Mais la seule explication ne se trouve
pas limitée à ce titre. L’alchimie interne de chaque
observateur est aussi sollicitée.
Les symboles
Réalisés avec de la peinture à l’huile mélangée
à des sables, des pigments purs, parfois de la poudre d’or
et pour les Trois livres sacrés pour la paix, n avec de la terre
de Jérusalem, ces tableaux sont aussi symboliques par la matière
dont ils sont composés.
Le sens
Mais plus important encore ils sont tous positifs et porteurs de bonheur.
Chacun de ces tableaux est un mandala c’est à dire un tableau
psychotique chargé de transmettre non seulement une explication personnelle
des rouages du monde mais aussi des valeurs associées à la
générosité de la vie, à la grandeur de la nature
et des sentiments qui honorent l’humanité. Il s’agit
de magnifier les vertus fondamentales de l’homme qui en font un être
responsable et intelligent. L’artiste est au service de l’art
mais aussi et surtout au service des autres. Ce qu’il va chercher
dans l’Agartha, le monde réservé de la pensée,
il doit l’apporter aux autres avec humilité car le seul démiurge
est Dieu. Nous ne sommes que des instruments lucides et responsables.
Alors autant transmettre la joie de vivre, le bonheur, la compréhension,
la sollicitude, l’amour, en d’autres termes la Paix
Alain Husson-Dumoutier Juin,Juillet,Aout 2005
|